Reprise d’entreprise : Sylvie Thiriez, nouveau cycle

Enseigne de linge de maison fondée à Halluin en 1983, Sylvie Thiriez se repositionne en douceur mais avec détermination, dans le sillon de Clémentine Lefèvre qui a repris l’entreprise familiale début 2018.

Clémentine Lefèvre dans les ateliers de l'entreprise à Halluin
Clémentine Lefèvre dans les ateliers de l'entreprise à Halluin
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Avec un chiffre d’affaires d’environ 10 millions d’euros et une équipe de 70 salariés, la marque de linge de maison Sylvie Thiriez est une pépite, mais une pépite discrète. « Pépite », c’est le qualificatif que lui donne le groupe IRD, groupe d’entrepreneurs et d’investisseurs du Nord et du Pas-de-Calais qui accompagne l’entreprise. « Discrète », c’est le mot de Clémentine Lefèvre, qui a repris l’entreprise début 2018 à la suite de son père. Mais elle entend bien lui faire faire davantage de bruit dans les années à venir. Son objectif : challenger directement son principal concurrent et être une marque connue et reconnue en France et à l’international, en trois ans.

Redonner sa valeur au produit

Pour y parvenir, Clémentine Lefèvre mise sur les atouts de son produit et veut d’abord travailler à lui redonner toute sa valeur. Par une communication repensée et harmonisée, entre son site web, ses réseaux sociaux et les boutiques, et par un marketing ancré sur l’histoire du produit. Outre les qualités intrinsèques du linge, l’idée forte est de remettre en lumière la créativité, le style de Sylvie Thiriez. L’enseigne s’est lancée dans les collaborations artistiques, par exemple avec l’artiste américaine Eva Magill. Elle travaille par collections, avec l’idée que chacune « raconte des histoires » : maison « nature », maison « chic », maison « ailleurs », etc. Ce positionnement moyen-haut de gamme séduit, en particulier les maisons d’hôtes. D’où l’intérêt pour l’entreprise de le faire connaître davantage.

Des savoir-faire au service du dynamisme de l’entreprise

Dans la même logique, l’enseigne veut remettre en lumière ses « métiers d’artisans ». Toutes les collections sont imaginées et créées à Halluin, 20 % des produits y sont confectionnés et toute la personnalisation et la broderie sont réalisées dans les ateliers de l’entreprise. Clémentine Lefèvre compte aussi sur une dynamique d’équipe forte : « tout le monde est fier de l’entreprise et nous voulons tous réussir ».

Cet attachement à la marque, Sylvie Thiriez a la chance de pouvoir la cultiver chez ses clients. « Des clients viennent chez nous d’une génération à l’autre. Ce sont des histoires familiales, de cadeaux de naissance, de cadeaux de mariage… » raconte Clémentine Lefèvre.

linge de maison Sylvie thiriez
Karlie, la collection développée avec l’artiste Eva Magill

La digitalisation de l’entreprise, source de croissance

Autre axe de travail, Sylvie Thiriez déploie actuellement un projet dit « omnicanal ». L’idée : harmoniser les services, la communication, le marketing entre l’ensemble des points de vente physiques et digitaux. Le site internet et sa boutique en ligne sont en cours de refonte. L’enseigne développe de nouveaux services comme le Click and Collect, qui consiste à commander ou réserver un produit en ligne et à le retirer ensuite sur un point de vente. Une petite révolution, aux nombreuses implications : un service de ce type suppose pour l’entreprise d’être en capacité de gérer son stock en temps réel. Dans l’idéal, Sylvie Thiriez aimerait, à terme, pouvoir proposer ses services de personnalisation en ligne. Pour une expérience client réellement sans couture.

Un redéploiement à l’international

Enfin, consolider son réseau de points de vente en France et se redéployer à l’international sont un dernier objectif de la marque. En France, le réseau de boutiques est passé de 12 en 2008 à 90 aujourd’hui. La moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise provient de son réseau de boutiques, divisé entre des magasins gérés directement par l’enseigne, et des boutiques sous contrat de commission-affiliation (un contrat proche du contrat de franchise, la différence étant que le stock de produit reste géré par Sylvie Thiriez directement).

Découvrez toutes nos histoires de reprise d’entreprises dans notre rubrique Passer le relais

A l’international, qui représente 15 % du chiffre d’affaires de Sylvie Thiriez, l’entreprise a des points de vente en Suisse, en Italie et s’exporte jusqu’au Liban, en Russie, aux Etats-Unis. « Nous sommes en adéquation avec le marché à l’international. Nous y avons un beau potentiel et nous avons de bons retours », estime Clémentine Lefèvre, qui nuance toutefois « On a posé nos bases. A présent, il faut du temps et beaucoup de contacts. »


Une histoire familiale

La marque n’est pas une nouvelle venue dans cette niche qu’est le linge de maison : fondée en 1983, elle prend le nom de sa première styliste, Sylvie Thiriez. La société change de main une première fois en 1994, avant que son destin ne croise celui de la famille Lefèvre en 1998. A l’époque, le père de Clémentine Lefèvre rachète l’entreprise, au bord du dépôt de bilan, pour un franc symbolique. L’affaire est familiale, puisque la mère de Clémentine Lefèvre en devient la styliste. Les Lefèvre engagent un travail considérable de restructuration des produits, ils développent la gamme de linge de lit brodé, dans un style « montagne » qui fera, un temps, la renommée de l’enseigne, avant d’évoluer… La croissance est au rendez-vous. Clémentine Lefèvre, pour sa part, rejoint l’entreprise en 2008, à la direction commerciale, et prendra la relève de son père 10 ans plus tard, avec comme mot d’ordre aujourd’hui : « consolider nos bases, et avancer ».