Hôtel Louvre-Lens : naissance d’une destination

C’est un projet colossal : transformer un ancien coron en hébergement 4 étoiles. L’hôtel Louvre-Lens a ouvert ses portes le 9 novembre 2018. Avec lui, la stratégie de renouveau du bassin minier autour de la culture, du patrimoine et du tourisme se renforce d’un équipement de premier choix.

Antoine Bouilhol pose devant l'hôtel Louvre-Lens, un équipement quatre étoiles qui s'inscrit dans la dynamique économique de renouveau du bassin minier
Antoine Bouilhol dirige l'hôtel Louvre-Lens. Crédit photographique : Gilles Trillard
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« Nous sommes un peu la cerise sur le gâteau de la dynamique de territoire déjà engagée depuis longtemps sur le bassin minier ». Antoine Bouilhol en plaisante, mais Lens attendait avec impatience l’établissement qu’il dirige. Face au musée du Louvre-Lens, dans l’écrin magistral d’un ancien coron métamorphosé, l’hôtel Louvre-Lens exploité par la marque Esprit de France a ouvert le 9 novembre 2018. Quatre mois après, son directeur a le sourire et peut afficher un bel optimisme. Les premiers résultats dépassent déjà les objectifs fixés, en termes de fréquentation, de satisfaction client et de chiffre d’affaires. 

la façade de l'hôtel Louvre-Lens
L’hôtel Louvre-Lens. La façade repeinte en noir rappelle le passé minier du lieu. Crédit Photographique : Gilles Trillard

Un pari quatre étoiles

Un quatre-étoiles à Lens, dans un ancien coron ? L’idée, peu banale, parie sur l’avenir du territoire. Esprit de France a senti dans l’ancienne Cité 9 le potentiel des lieux chargés d’histoire, de patrimoine et de culture dans lequel elle installe ses hôtels haut de gamme. C’est elle qui a convaincu Maisons et Cités, propriétaire des murs, de parier sur un établissement de standing, quand le bailleur voyait à l’origine un projet plus modeste.

Désormais, dans un décor unique, combinaison chic de modernité et du charme de son passé industriel, l’hôtel propose 52 chambres, un espace fitness, des salles de réunion pensées pour développer une offre « séminaire » qualitative, et un restaurant, le Galibot. Avec comme mots d’ordre la convivialité et la proximité, l’objectif du directeur est d’abord de fidéliser la clientèle : « Ils viennent parce que c’est un lieu atypique, mais ils reviennent parce qu’ils ont été bien accueillis », souligne-t-il. L’hôtel Louvre-Lens attire pour l’heure une clientèle d’affaires à 80 %, mais séduit aussi les entreprises, et commence à intéresser les familles. Antoine Bouilhol saisit volontiers les opportunités de développement offertes par l’événementiel privé et familial (mariage, anniversaire…), pas vraiment prévus au business plan d’origine, et porte d’entrée intéressante vers une clientèle plus locale.

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Lensois avant tout

Car l’hôtel se doit surtout d’être lensois. Antoine Bouilhol y tient : le lieu doit s’ancrer dans son écosystème. Les 30 salariés de l’hôtel ont ainsi tous été recrutés dans la région, y compris pour certains parmi des populations éloignées de l’emploi. De même, Antoine Bouilhol privilégie les fournisseurs de proximité : « il existe une demande aujourd’hui pour les produits régionaux. En choisissant nos fournisseurs ici, nous pouvons être un outil de promotion du savoir-faire local ». Pour le directeur, l’hôtel et son restaurant doivent devenir un outil pour retenir les visiteurs sur Lens, après leur visite au musée.

Des prévisionnels revus à la hausse

Aujourd’hui, les notes de satisfaction des clients sur les différents outils d’évaluation sont excellentes (9.2/10 sur TripAdvisor, 4.7/5 sur Facebook). Trois mois après l’ouverture, le prévisionnel de départ, volontairement prudent, a déjà été revu à la hausse : de 1,56 million d’euros de chiffre d’affaires pour la première année, à 1,7 million d’euros. Objectif : 3 millions d’euros d’ici cinq ans. Et quand on demande à Antoine Bouilhol si le projet est une réussite, il répond « oui », sans hésiter. “Quand on a la bonne idée, au bon endroit, avec les bonnes personnes, ça marche.” La machine est lancée.


Une prouesse architecturale, ancrée dans l’histoire du lieu

Sur le site de l’hôtel, ses architectes – le cabinet Maes Architectes de Lille et l’architecte d’intérieur Guillaume Da Silva de Roubaix – parlent d’un « clash respectueux », pour expliquer leur démarche de réhabilitation hors normes de 26 anciennes maisons de mineurs en 52 chambres quatre étoiles. A mi-chemin entre la préservation et la mise en valeur du patrimoine et la composition d’un lieu de séjour haut de gamme, l’hôtel Louvre-Lens affirme une identité singulière : son atout majeur pour attirer et retenir les visiteurs et contribuer à la naissance d’une destination sur le bassin minier. L’univers de l’hôtel a été volontairement construit autour de la notion de dualité, qui le pose comme un trait d’union entre le passé et le présent. Comme un symbole, les anciens habitants de la Cité 9 ont été les premiers à pouvoir découvrir la métamorphose du lieu. Un moment qu’ils ont vécu avec émotion, selon Antoine Bouilhol.