Batiloc, modèle économique en réinvention

Face à la concurrence des grands groupes, le loueur de bâtiments modulaires devient fabricant pour conserver son indépendance.

Halte-garderie réalisée en modulaire par Batiloc.
Temps de Lecture : 2 minutes

La boucle est bouclée. Lorsqu’elle est née, en 1969, Batiloc était une simple filiale de location de bâtiment modulaire d’un fabricant strasbourgeois, Ergé. 50 ans plus tard, c’est elle qui transforme son modèle pour y inclure la fabrication de modules.

Directeur financier de Batiloc
Olivier Baillion, directeur financier de Batiloc

Modules sur-mesure

L’objectif de Batiloc, 48 salariés, 11 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2018 (en croissance de 17 %), n’est pas de concurrencer frontalement les mastodontes de son secteur avec sa marque VALMO. « Nous devenons des fabricants, en petit volume, pour nos propres ventes », explique Olivier Baillion, directeur financier de l’entreprise. L’idée : poursuivre grâce à la fabrication ce qui constitue la valeur ajoutée de l’entreprise dirigée par Marc Olesinski, à savoir son offre de service sur mesure. De la salle de repos et du réfectoire en armature bois pour les joueurs du LOSC aux extensions de bureaux du port fluvial de Lille où « on n’a pas l’impression d’être dans du modulaire », Batiloc s’efforce d’adapter le produit au client. Là où la plupart de ses concurrents proposent des produits standardisés.

PME au milieu des autres

Devenir fabricant semble un sacré pari et un sérieux changement de modèle économique. Mais c’est le mouvement choisi par Batiloc, PME au royaume des multinationales. Depuis 2014 déjà, la part de la vente dans le chiffre d’affaires de l’entreprise est passé de 20 % à 50 %. En devenant fabricant, l’entreprise renforce ses choix. « Avec les regroupements de fabricants concurrents, les disponibilités de modules sont moindres, notre dépendance s’accroît : il faut nous démarquer ». Pour assurer la réussite de l’opération, Batiloc s’associe avec un de ses fournisseurs historiques pour la fabrication des modules. Et surtout, la PME dispose déjà de savoir-faire en interne. Dans ses locaux de Santes, Strasbourg, Lyon et Paris, aux côtés des services administratifs et des commerciaux s’affairent les électriciens, les plombiers, les menuisiers… « Cela nous permet de mener des projets que nos concurrents ne peuvent pas prendre en charge », estime le directeur financier. Exemple phare : en 2015 et 2016, suite à un appel d’offres du gouvernement allemand, Batiloc a construit des villages en modulaire pour l’accueil des migrants. Un chantier colossal, accompagné depuis la conception des bâtiments jusqu’à leur livraison finale.

Autre exemple d'une des réalisations de Batiloc, en bardage bois.
Autre exemple d’une des réalisations de Batiloc, en bardage bois.

Capital humain

Savoir-faire, sur-mesure et qualité de service, c’est finalement l’humain qui l’emporte sur le produit dans le succès de Batiloc. Une notion essentielle pour Olivier Baillion. « C’est un atout majeur. Une entreprise, c’est du capital, mais on ne fait rien sans l’humain, y compris avec la clientèle ». Un enjeu pour garder le cap sur la croissance tout en défendant son indépendance.


Une deuxième reconfiguration du capital

Après le décès de son actionnaire majoritaire en 2013, Batiloc est reprise par son président, Marc Olesinski, avec l’appui de Nord Capital Partenaires. En 2017, un second tour de table est bouclé et voit entrer BPI France au capital. Ce deuxième mouvement permet à Marc Olesinski d’amorcer une transmission familiale de l’entreprise, notamment à son fils Ludovic, actuel directeur général de Batiloc.