Innovafeed : des insectes pour nourrir le monde

Chez Auchan, le consommateur trouve depuis cet été 2018 des truites élevées aux protéines d’insectes, conçues par Innovafeed. Cette très jeune pousse vient de lever 40 millions d’euros de fonds supplémentaires qui contribueront à ouvrir cinq sites de production d’ici 2022. Ce développement explosif est soutenu par une solide politique de ressources humaines et un leitmotiv : construire une filière d’avenir !

l'usine innovafeed vue de l'intérieur
Dans les coulisses de l'usine Innovafeed
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Mise à jour du 29/11/2019 : Innovafeed et le Groupe Crédit Agricole viennent de signer un nouvel accord de financement d’un montant de 7,5 millions d’euros pour la construction du site de production de Nesle, qui deviendra, dès sa mise en service, le plus grand site de production d’insectes au monde, avec une capacité de production inédite de 10 000 tonnes par an.

 

Des truites d’élevage nourries aux protéines d’insectes ont fait leur apparition sur des étals d’Auchan franciliens et du nord en juin 2018. Une première mondiale, dont peut se targuer Innovafeed, entreprise productrice de ces protéines, qui aligne les bonnes nouvelles. Créée en 2016, l’entreprise lauréate du prix de la start-up de l’année par EY annonçait ce 29 novembre 2018 une levée de fonds de 40 millions d’euros qui vient s’ajouter à 15 millions d’euros sécurisés en début d’année. Un capital qui contribuera à la construction de cinq sites de production en Europe et aux Etats-Unis, d’ici 2022.

Construire des usines : le pari d’Innovafeed

La première usine Innovafeed dans les Hauts-de-France (crédit photo: Xavier Daussin)
La première usine Innovafeed dans les Hauts-de-France (crédit photo: Xavier Daussin)

Les défis d’Innovafeed aujourd’hui ? Construire des usines qui produiront des protéines et de l’huile destinées à l’alimentation piscicole, à partir d’élevages de mouches. Dès la fin 2019, Nesle (80), le prochain site d’Innovafeed, produira 10 000 tonnes de protéines par an, soit 10 fois plus que sur Gouzeaucourt (59), l’unique usine de l’entreprise à date. A Nesle, les hermetia illucens (des larves de mouche) seront nourries avec des résidus de blés d’une amidonnerie voisine, du groupe Tereos, suivant le principe de l’économie circulaire.

Les protéines d’insecte : un marché porteur

« Nous avons créé cette entreprise car nous voulions nous investir dans un projet industriel qui avait du sens ; or l’alimentation était un secteur intéressant pour cela, et l’insecte, l’un des piliers de l’alimentation de demain d’après la FAO », précise Bastien Oggeri, l’un des quatre fondateurs de l’entreprise. Occupé par quelques concurrents internationaux, le marché choisi est porteur : à l’échelle mondiale, le secteur de l’aquaculture croît de 10 % par an tandis que la production des farines à base de poissons sauvages est limitée par les quotas de pêche.

larves d'insecte Hermetia illucens
Les larves d’insecte Hermetia illucens – crédit photo Innovafeed

En outre, l’utilisation des produits dérivés d’insectes à des fins alimentaires n’est autorisée par l’Union européenne que depuis 2016. Et deux ans plus tard, Innovafeed dispose déjà de la plus grande capacité de production d’insectes du continent. De quoi séduire les investisseurs… et les candidats potentiels !

Travailler la marque employeur

Car de quelque 150 collaborateurs prévus en 2019, Innovafeed devrait tripler ses effectifs encore d’ici 2022. « L’enjeu de notre croissance est avant tout humain : se développer en gardant notre culture d’entreprise, nos valeurs et la même énergie d’équipe », relève Bastien Oggeri. D’où un soin particulier apporté à la politique de ressources humaines. « Nous avons mis en place un process de recrutement solide dans lequel les fondateurs sont systématiquement impliqués, ainsi qu’un système d’intégration complet, s’appuyant sur une organisation collaborative, ajoute Anne Walter, talent manager. En affinant ces process, nous préparons l’après. » « L’après », soit 200 millions d’euros à investir dans les cinq futurs sites. « Un programme industriel pluriannuel qui requiert effectivement d’embaucher, notamment à Paris et dans le Nord, des ingénieurs motivés par notre raison d’être : participer à la construction d’une nouvelle filière agro-alimentaire », conclut Bastien Oggeri avant de lâcher son dernier mot : joinus@innovafeed.com


Une croissance soutenue par Creadev et Temasek

Ce 29 novembre 2018, avec une nouvelle levée de fonds de 40 millions d’euros, la jeune pousse Innovafeed faisait entrer dans son capital des investisseurs internationaux embarqués par Creadev, entreprise d’investissement en fonds propres contrôlée par la famille Mulliez. Ces nouveaux investisseurs, qui accompagneront Innovafeed dans son changement d’échelle, rejoindront les investisseurs historiques.