Furet du Nord, libraire avant tout

Premier libraire multi-enseignes français, le Furet du Nord trace sa propre voie sur le marché du livre.

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Janvier 2019, le Furet du Nord finalise l’acquisition de son homologue lyonnais Decitre. L’opération propulse l’entreprise au premier rang des libraires multi-enseignes français, avec un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros, pour 31 magasins et 800 salariés. Face à ses concurrents comme la Fnac ou Cultura, l’enseigne se démarque sur le livre, qui représente plus de 50 % de son chiffre d’affaires. « On ne suit personne », revendique Pierre Coursières, son dirigeant. C’est donc autour du livre que le Furet du Nord trace son chemin.

De 10 à 30 magasins en 10 ans

Pour assurer la croissance, l’enseigne mise sur les réflexes du retailer spécialisé. La stratégie passe par la multiplication des magasins. Avant d’absorber les 11 librairies Decitre, le Furet du Nord a ouvert une dizaine de points de vente entre 2008 et 2018, essentiellement dans les Hauts-de-France et en Ile-de-France. Objectif assumé : devenir une marque d’envergure nationale. Le Furet du Nord s’installe aussi en Belgique en 2018, après la reprise de deux librairies Chapitre.

Objectif web

Avec Decitre et surtout sa SSII Decitre Interactive, le Furet du Nord renforce aussi sa présence numérique. « Sur la vente en ligne, on avait moyennement réussi, reconnaît Pierre Coursières, « si le Click&Collect fonctionne bien, nous avons sous-investi dans le livre expédié ». Une situation que la fusion devrait changer. « Nous pourrons muscler la digitalisation de l’entreprise. Nous devons répondre aux attentes d’efficacité des clients sur ce canal. »

Le livre, produit résilient

Quant à la nature de l’offre, Pierre Coursières l’affirme, le Furet reste « d’abord et avant tout libraire », malgré une diversification produit marquée – vidéo, musique mais aussi papeterie, loisirs créatifs, jeux… « Le livre est un produit résilient, moderne, explique-t-il. Il faut le désacraliser parfois, avoir une offre qui l’anime. On peut créer autour du livre de nombreux points d’intérêts. Et c’est ce que nous faisons, en soignant les expériences produits et les expériences clients ». Pour Pierre Coursières, c’est « la rencontre entre nos équipes de passionnés et nos clients, l’esprit de découverte » propres au magasin physique, qui attirent et fidélisent la clientèle. La concurrence des géants du web n’inquiète donc pas le dirigeant : « les deux modèles ont vocation à coexister et à se développer. En magasin, le client s’attache à la marque, et sur le web il s’attend à un service minimum. Il n’a pas les mêmes raisons d’aller vers l’un ou l’autre. Amazon ne m’empêche pas de dormir ».

Sur ce socle, le Furet du Nord et Decitre doivent maintenant réussir la fusion. « C’est le premier défi, et de loin. Ma priorité est de prendre le meilleur des deux enseignes, pour trouver la troisième voie qui nous permettra de créer un champion, sur un marché changeant », conclut Pierre Coursières.


Le Furet du Nord en dates clés

1921 : création de la librairie à Lille, dans un ancien magasin de fourrure. L’enseigne s’installe sur la Grand Place de Lille en 1959.

1999 à 2008 : le Furet du Nord appartient au groupe Lagardère Services jusqu’à son changement d’actionnaires  avec les fonds lillois Participex Gestion et Vauban Partenaires

2019 : le Furet du Nord reprend les librairies Decitre, à Lyon.