ECOCEM FRANCE, ECONOMIE CIRCULAIRE SUR LE PORT DE DUNKERQUE – EPISODE 2

La filiale française de Ecocem Materials, créée en joint-venture avec ArcelorMittal, inaugurait sa deuxième usine française à Dunkerque ce 14 juin 2018. L’usine, qui produira un ciment écologique, est construite selon des principes d’écologie industrielle. Un exemple vertueux d’économie circulaire appliquée sur le port.

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Cet été, Entreprises by CA Nord de France vous emmène à la découverte du port de Dunkerque, dans une série en cinq épisodes intitulée « Dunkerque Port, poumon économique en transition ». Dans le premier épisode, découvrez, en une infographie, tous les chiffres à connaître sur le port de Dunkerque.

C’est une usine dernier cri, sortie de terre en un an et demi, dans le voisinage immédiat des hauts-fourneaux d’ArcelorMittal sur le Port de Dunkerque. Ce quatrième site d’Ecocem Materials LTD en Europe produira 750 000 tonnes par an de laitier moulu. L’entreprise familiale, née en Irlande en 2000, fabrique un ciment écologique, en recyclant le laitier granulé, un co-produit de la fonte.

« Notre produit est non seulement une alternative durable au ciment traditionnel, mais il améliore en plus les propriétés techniques du béton, son esthétique et sans surcoût ! Que demander de mieux ? »  affirme Conor O’Riain, Directeur Europe du groupe. Selon l’entreprise, une tonne de laitier moulu valorisé dans l’industrie du béton évite le rejet de 800 kg de CO2 dans l’atmosphère et l’extraction de matières naturelles telles que l’argile ou le calcaire. Une opération vertueuse, donc.

à l'intérieur de l'Usine ECOCEM
L’usine ECOCEM, vue de l’intérieur, à l’occasion de l’inauguration du 14 juin.

L’écologie industrielle en mouvement

La filiale française du Groupe, Ecocem France s’est ouverte en 2007 à Fos-sur-Mer, en joint-venture avec ArcelorMittal, qui a pris depuis 49 % du capital de la société. En cinq ans, elle a multiplié son chiffre d’affaires par deux, pour atteindre 34,6 millions d’euros. Avec cette nouvelle usine, Ecocem France représentera 60 % de la capacité de production annuelle du groupe.

Le site dunkerquois se veut un exemple d’économie circulaire et d’écologie industrielle. Conor O’Riain s’étend sur ce point : « l’usine se fournit bien sûr en matière première auprès des hauts-fourneaux d’ArcelorMittal, mais elle ré-utilisera aussi les gaz et la chaleur produits par les hauts-fourneaux pour sécher ses produits. Le bilan carbone du laitier moulu produit à Dunkerque sera très faible, aux alentours de 15 kg de CO2/tonne. C’est moitié moins que notre usine de Fos-sur-Mer ».

Dunkerque, position stratégique

L’arrivée de cette nouvelle usine à Dunkerque ne doit rien au hasard. Si elle est d’abord liée à la présence des hauts-fourneaux d’ArcelorMittal sur place, Ecocem entend aussi profiter pleinement de la localisation du port. L’usine approvisionnera certains chantiers du Grand Paris, un terminal d’import à Londres, mais aussi certains clients belges de l’entreprise et, plus largement, toute l’Europe du Nord. Conor O’Riain ne veut d’ailleurs fermer aucune porte : « on peut exporter jusqu’à Miami depuis Dunkerque ».

 


L’écologie industrielle, une philosophie sur le Grand Port Maritime de Dunkerque

« Il n’y a pas une installation que nous n’essayons pas de mettre en écologie industrielle », affirme Stéphane Raison. Pour le président du directoire du Port de Dunkerque, rapprocher les entreprises du port les unes des autres est une vraie stratégie pour d’une part attirer des implantations sur le site, et d’autre part rendre le tissu industriel dunkerquois plus solide et plus résilient.
Cette philosophie a été traduite dans un outil réalisé par l’Agence d’urbanisme Flandre Dunkerque, nommé la Toile Industrielle : créée au moment de la crise de 2008 pour anticiper les chocs et l’effet « boule de neige » d’éventuelles fermetures de sites, la Toile industrielle répertorie et classe les interactions entre les entreprises du Dunkerquois. Elle est devenue un outil de promotion auquel le port peut recourir pour montrer la richesse de son tissu aux industriels, et compléter son écosystème. Une troisième version de la Toile est en cours de développement et sera adaptable à d’autres sites portuaires, tels que Fos-sur-Mer ou Saint-Nazaire.