« ASSIMILER LA CROISSANCE » : LE DÉFI POUR FORT&VERT

Depuis 20 ans, FORT&VERT est l’un des plus importants fournisseurs de fruits et légumes bio dans la région Hauts-de-France. Installée à Feuchy (62), l’entreprise, à l’instar du marché bio en France, vient d’enchaîner plusieurs années de croissance à deux chiffres. Rencontre avec son président et fondateur, Grégoire Dupont.

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Grégoire Dupont, qui est FORT&VERT et comment vous positionnez-vous dans la filière bio ?

GD : FORT&VERT a été créée en 1997 comme une plateforme logistique et de commercialisation des fruits et légumes issus de l’agriculture biologique du Nord – Pas de Calais. Nous sommes l’interface entre les producteurs bios régionaux et les différents circuits de consommation : la grande distribution, l’industrie agroalimentaire, les magasins spécialisés (Biocoop, Bio c’Bon, la Vie Claire, Naturalia, Naturéo) et la restauration collective. Pour ces deux derniers types de clients, nous faisons le choix de ne livrer que dans un rayon de 150 km autour de l’entreprise.

Quels sont les points forts sur lesquels FORT&VERT s’appuie ?

La qualité des produits est dans notre ADN : je vends d’abord un fruit ou un légume qui est frais et bon et qui, en plus, est bio. Nous travaillons avec ces deux lignes rouges en tête.

Par ailleurs, nous pratiquons depuis 20 ans l’exigence de traçabilité des produits qui est aujourd’hui incontournable dans le bio : c’est une vraie force par rapport à nos concurrents qui n’en ont pas autant l’habitude que nous.

Enfin, nous disposons d’un service qualité interne et de deux ingénieurs agronomes qui accompagnent, suivent et conseillent nos producteurs au quotidien. Nous comptons une cinquantaine de producteurs partenaires dans la région, avec lesquels nous entretenons un lien fort.

Le marché du bio connaît une croissance soutenue depuis quelques années, et vous aussi. Quels sont les projets de l’entreprise dans ce contexte ?

En 20 ans, FORT&VERT est passée de zéro à 20 millions d’euros de chiffres d’affaires. Notre développement a suivi celui de la filière bio en général, voire en étant un peu plus rapide que celui-ci. Parmi nos grands projets 2018-2019, il s’agira déjà d’assimiler la croissance ! 2016 a été une année de croissance à deux chiffres, tout comme le fut 2015. En plus de cela, nous avons créé une nouvelle entité en 2016, Trikala & Co, pour trier, laver et conditionner des carottes et pommes de terre bios. L’idée était d’avoir notre propre installation pour maîtriser totalement les flux et la qualité entre le champ et l’assiette. Cela représente un budget de 2 millions d’euros les trois premières années, et nous sommes en avance sur les embauches pour ce projet, puisque nous avions prévu d’avoir 10 salariés début 2018 et que nous avions déjà 17 collaborateurs à Noël 2017. Enfin, en 2017, nous avons changé de système d’information : c’est un peu comme changer de système nerveux pour une entreprise et ça bouleverse ses fonctionnements.

Gérer la croissance, qu’est-ce que ça implique pour vous ?

Gérer la croissance, c’est déjà avoir les espaces suffisants et les outils pour suivre le développement du volume. Il faut embaucher, structurer l’encadrement, changer l’organisation de l’entreprise et mettre en place un nouveau mode de gouvernance. Pour moi, en tant que chef d’entreprise, c’est aussi savoir déléguer et mettre en place des relais de management.

Aujourd’hui je gère trois structures imbriquées : FORT&VERT qui compte entre 65 et 70 personnes, Trikala&Co qui en compte une quinzaine et une holding animatrice de sept à huit collaborateurs. A titre de comparaison, nous étions à peine 50 collaborateurs il y a deux ans. Pour bien grandir, il faut se donner le temps d’assimiler la croissance. Celle de notre chiffre d’affaires, celle de nos investissements et celle de nos équipes.