Export et innovation : les graines du succès d’Eurovanille

En trois ans, Eurovanille a triplé son chiffre d’affaires. Basé dans le Pas-de-Calais, l’un des cinq leaders mondiaux de la vanille naturelle mise sur l’export et l’innovation pour grandir.

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Elle réalise 70 % de son chiffre d’affaires à l’étranger, dans 85 pays du monde, essentiellement vers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie. L’export est un axe de croissance privilégié pour la PME Eurovanille. Avec raison, au regard d’un chiffre d’affaires 2017 de 54 millions d’euros, trois fois plus élevé qu’en 2014. « Un effet prix joue, mais nous devons principalement cette croissance à notre développement commercial », souligne Laurent Bourgois, fondateur et dirigeant de l’entreprise.

Export et atomisation de la clientèle

Spécialisée dans la transformation et le conditionnement de la vanille naturelle, Eurovanille sélectionne et importe les gousses en provenance de plusieurs producteurs à travers le monde (notamment à Madagascar, Tahiti, Papouasie Nouvelle Guinée et en Indonésie). L’entreprise les transforme dans son usine de Gouy-Saint-André (62) pour les redistribuer ensuite sous différentes formes à une clientèle diversifiée. Pour le patron d’Eurovanille, cette atomisation de sa clientèle est une clé de succès. Si les artisans et les restaurateurs représentent environ un quart de son activité aujourd’hui, Eurovanille fournit aussi les grossistes, les industriels de l’agroalimentaire, et plus à la marge les acteurs de la grande distribution. Pour eux, l’entreprise développe une gamme de produits spécifiques. Des gousses, des poudres et des arômes, mais aussi des produits plus innovants tels que de la vanille en sachets prêts à infuser, ou des perles de vanille. « Nous cherchons à faciliter la vie des utilisateurs », résume Laurent Bourgois.

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Décrypter le génome de la vanille

Autre axe fort de sa stratégie, Laurent Bourgois croit en l’innovation. L’entreprise s’est notamment engagée dans la recherche fondamentale en 2016. « Avec plusieurs partenaires publics et privés*, nous déchiffrons le génome de la vanille. L’objectif est d’améliorer la sélection des variétés, pour une meilleure résistance aux maladies. L’idée est de sécuriser nos approvisionnements mais aussi de rendre la filière plus durable, en réduisant l’usage de produits phytosanitaires », explique-t-il. De premiers résultats techniques sont attendus fin 2018 et l’entreprise prévoit de construire une serre de 1 000 m² en Europe pour valider les hypothèses de recherche.

Eurovanille détient aujourd’hui entre 5 et 7 % du marché mondial de la transformation et du conditionnement de la vanille naturelle : forte de ces divers développements, l’entreprise ambitionne de doubler ses parts de marchés d’ici cinq ans.

*Le programme rassemble le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l’Université de la Réunion, l’Établissement Vanille de Tahiti, l’INRA, l’Université de Paris Sud, le CNRS et V. Mane Fils.


Des engagements pour une vanille responsable

Dans un contexte d’inflation record du cours de la vanille, décrypter le génome de la vanille devrait contribuer à termes à limiter ce phénomène, en sélectionnant des plants plus résistants et en favorisant une culture plus durable. En parallèle, depuis 2016, Eurovanille est membre d’un programme nommé « sustainable vanilla initiative », qui vise à améliorer les conditions de production de la vanille sur les plans sociaux, environnementaux et économiques. Le but, pour Eurovanille : sécuriser ses approvisionnements pour continuer de garantir la qualité de ses produits.