CAP 2020 DUNKERQUE A L’HEURE DU CONTENEUR – Episode 4

CAP 2020 : c’est le nom du projet qui transformera le port de Dunkerque ces vingt prochaines années pour lui permettre d’accueillir quatre porte-conteneurs supplémentaires. Un projet colossal qui devrait générer 1,8 milliard d’euros de valeur ajoutée et jusqu’à 16 000 emplois. Explications.

Temps de Lecture : 3 minutes

Mercredi 6 juin 2018, le CMA-CGM Saint-Exupéry entre au port de Dunkerque. Ce porte-conteneur de nouvelle génération mesure 400 m de long, soit plus de quatre terrains de football. Il peut transporter jusqu’à 20 600 EVP, l’équivalent d’une chaîne de 123 kilomètres de conteneurs mis bout à bout. Si aujourd’hui, Dunkerque ne peut accueillir qu’un seul Saint-Exupéry à la fois, une fois les travaux d’extension en cours du quai de Flandre terminés, ce sont deux Mégamax qui pourront accoster à Dunkerque. Avec CAP 2020, le port va encore plus loin : l’objectif est d’étendre les capacités d’accueil à quatre navires similaires de plus.

Un projet gigantesque

Le 22 mai dernier, le Grand Port Maritime de Dunkerque (GPMD) confirmait sa décision de poursuivre ce projet, après la publication des conclusions du débat public organisé fin 2017. L’idée est de placer Dunkerque à la hauteur du gigantisme de ces navires : un nouveau bassin, 2 000 mètres de longueur  de quais et de 120 hectares de terre-pleins supplémentaires, 350 hectares de nouvelles zones logistiques. Tout un nouveau complexe sur le port Ouest, entièrement dédié au conteneur, à la logistique et à l’industrie. Le port prévoit une réalisation du projet en deux phases, pour suivre l’évolution du trafic de conteneurs. Coût des travaux : environ 690 millions d’euros estimés en 2035.

Des retombées colossales

Le but ? Tirer parti de la croissance mondiale du trafic conteneurisé. Le GPMD estime ainsi que le trafic par conteneur devrait doubler d’ici 2035 sur le range Nord et indique que « plus de la moitié du marché du conteneur en provenance ou à destination du Nord de la France reste aujourd’hui à capter par le Port de Dunkerque ». Tout l’enjeu est de réussir, pour Dunkerque, à attirer une partie de ce trafic et de la valeur ajoutée associée, tant en termes de retombées économiques que d’emplois sur le territoire.  Stéphane Raison, président du directoire du port, le résume bien : « CAP 2020, c’est 1,8 milliard d’euros de valeur ajoutée et 16 000 emplois potentiels. Ça représente la moitié de la valeur ajoutée générée aujourd’hui par le port, et 60 % de ses emplois. Il faut se rendre compte de ce que cela implique à l’échelle d’un territoire comme celui de Dunkerque : c’est une redynamisation de toute l’économie locale ».

Pour le port, ce projet va dans le sens des ambitions à la fois européennes et françaises pour la façade maritime, dans un contexte d’essor considérable du trafic maritime mondial –  10 milliards de tonnes de marchandises étaient en transit à la surface du globe en 2014, un chiffre qui a doublé en 20 ans. L’Union européenne plaide pour le développement des ports et de leurs liaisons avec leur arrière-pays. La France, pour sa part, a élaboré en 2013 une stratégie nationale de développement portuaire, dont l’un des objectifs est de développer la filière conteneur, la logistique associée et l’industrie.

Et des exigences environnementales

Enfin, pour que ce projet reste vertueux, l’une de ses conditions de réussite, soulignée par le débat public, tient dans la bonne organisation du report modal, tant ferroviaire que fluvial. Pour le GPMD, CAP 2020 est justement une opportunité pour limiter l’impact environnemental du trafic routier, en renforçant le rail notamment. Le projet prévoit ainsi de faire passer la part routière du flux de transport de 80 % en 2013 à 49 % en 2035, Dunkerque étant déjà le premier port ferroviaire en France.

Cet été, Entreprises by CA Nord de France vous emmène à la découverte du Port de Dunkerque, dans une série en cinq épisodes intitulée « Dunkerque Port, poumon économique en transition » : découvrez dès à présent tous les articles du dossier, dont l’interview de Stéphane Raison et l’infographie des chiffres-clés du port.